• Plus de 370 jeunes filles victimes d'abus sexuels par des gangs pakistanais

     Quelque 370 jeunes filles ont été sexuellement exploitées par des gangs d'hommes d'origine pakistanaise à Oxfordshire (Angleterre) ces quinze dernières années, note The Guardian. Le journal britannique cite le rapport d’enquête qui condamne l’attitude laxiste des services sociaux et de la police.

    Cette attitude a permis aux violeurs de continuer à abuser des filles, dont la plupart étaient en difficulté familiale et suivies par des assistants sociaux, selon le rapport. "L’abus avait souvent lieu dans des foyers, des parcs publics ou des cimetières ; les jeunes filles étaient droguées et soumises à des viols collectifs et à d’autres atrocités sexuelles", raconte le journal.

    Les victimes considérées comme des "ados coquines"

    Comme dans l'affaire d'abus sexuels de Rotherham, les jeunes victimes, dont certaines n’avaient que 11 ans, étaient considérées comme des "adolescentes coquines" qui avaient elles-mêmes suscité les rapports sexuels, résume The Independent, même quand elles se présentaient au commissariat pour porter plainte.
     
    Plus de 370 jeunes filles victimes d'abus sexuels par des gangs pakistanaisPour les assistants sociaux et les policiers, les victimes n’avaient "aucune valeur" et elles n’étaient pas considérées comme des enfants. Même celles qui s’étaient manifestées avec l'entrejambe trempé de sang", ces services considéraient qu’elles avaient eu des rapports consentis", fustige Suzanne Moore dans le Guardian.

    Pourtant, le rapport dit ne pas avoir trouvé de "preuves de négligence professionnelle intentionnelle" [au sein de la police et des services sociaux], déplore le Times. Or cette omission tourne en dérision le principe même de responsabilité", s’indigne le journal.

    L'abus d'enfants, une "menace nationale"

    A la suite des scandales d'Oxfordshire et de Rotherham, et face aux révélations de pédophilie de célébrités comme Jimmy Savile et Gary Glitter, le Premier ministre britannique David Cameron a déclaré qu'il considérait l’abus sexuel d’enfants comme une "menace nationale".

    Cameron a annoncé un projet de loi qui obligerait les personnes à faire part de leurs soupçons s'ils se trouvent face à une situation possible d'abus sexuels, note The Daily Telegraph. Désormais, "les conseillers municipaux, des assistants sociaux et les enseignants qui ont des soupçons risqueront jusqu’à cinq ans de prison s’ils ferment les yeux". 

    Les assistants sociaux sont une cible facile

    Il s’agit d’une mesure populiste, selon une tribune publiée dans The Independent. Elle sera inefficace – voire contre-productive – en tout cas pour les assistants sociaux. Ces derniers sont "une première cible facile face à l’opprobre public en cas de maltraitance d’enfants, déplore le journal, qui rappelle que pour les assistants sociaux, les interventions dans les familles à risque s’accompagnent souvent de stress, de menaces – voire d’agressions".

    "L’assistance sociale est une vocation noble, mais d’où l’on ne sort jamais gagnant. Quand vous n’intervenez pas à temps [pour éviter une maltraitance], vous êtes viré. Mais, quand vous intervenez parce que des preuves médicales vous obligent à le faire et que ces indices s’avèrent faux, vous voilà présenté comme stalinien."

    L'éducation sexuelle n'est toujours pas envisagée

    Les députés travaillistes ont appelé à une enquête indépendante sur la "culture du déni" au sein des services sociaux et de la police qui a fait que les plaintes pour viol ne sont jamais remontées jusqu'aux supérieurs, relate The Guardian. De plus, ils ont appelé le gouvernement à rendre obligatoire les cours d’éducation sexuelle et relationnelle dans les écoles afin de mieux armer les jeunes filles. Cette proposition a été rejetée par la ministre de l’Education, Nicky Morgan (du Parti conservateur), qui maintient : "Le problème ne vient pas d'un manque d'information des victimes, mais d'un échec de la police et des assistants sociaux."

        Courrier international
        | Judith Sinnige

    “Le Lac”

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